C'est comme plonger cinquante ans en arrière, au temps des casses parisiennes, des caractères en plomb et des machines typographiques. La presse selon Gutenberg.
Témoin d'une époque révolue, l'imprimerie Rivier de la rue Anna-Bibert se visite tel un musée. Seul un ordinateur rappelle l'ère, 2008. L'horloge est d'époque, le temps semble s'être arrêté, et pourtant... Pierre Bissay, le "typographe" parle de photoshop, d'Indesign, une technologie d'actualité, moderne en somme. Alors aujourd'hui en 2008, comment les voeux se souhaitent-ils ?

Selon Pierre Bissay, les voeux par carte se font assez rares, restent encore quelques entreprises qui passent commande :
"L'année dernière, j'ai eu 2 commandes, cette année 6 mais je suis incapable de dire pourquoi cette augmentation".
Avec un tirage qui varie de 25 à 250. en pareille circonstance, l'originalité des mots n'est pas ce qui se remarque le plus.
"Les gens restent simples, du genre : L'entreprise unetelle vous souhaite une bonne et heureuse année et vous remercie de la confiance que vous lui accordez.
L'entreprise profite du moment pour rappeler ses coordonnées. Parfois les caractères sont plus gros que ceux des voeux", sourit l'imprimeur.
"Seules les entreprises souhaitent leurs voeux par carte". Car ne reste plus que les entreprises pour souhaiter les voeux par carte. "Les particuliers viennent pour des faires-parts de mariage ou de naissance".
Il y a encore quelques années, les entreprises de textile du canton représentaient à elles seules 50% des commandes pour les voeux. Aujourd'hui, le chiffre est tombé à 15%. Alors Pierre Bissay travaille avec un éditeur qui lui propose des modèles déjà tout prêts.
Lui, il imprime le texte et rarement de manière typographique.
"Ce sont les puristes qui aiment ce genre d'écriture. Et heureusement, il y en a encore..."
Article écrit par Cedric Pérrier, paru dans Le Progrès en 2008.
